Je voudrais profiter de ma vie.
Quand j’y pense, on gâche notre vie, c’est hallucinant.
On passe notre enfance sur les bancs de l’école, pour apprendre des choses qui, pour la plupart, ne nous seront jamais utiles. De plus, on est sous l’autorité des adultes et on ne peut pas faire ce dont on rêve. On est trop limités et on nous impose tous nos choix.
Pour ma part j’ai détesté mon adolescence. Entre le harcèlement scolaire et le fait d’avoir dû grandir trop vite pour supporter une mère complètement névrosée, on ne peut pas dire que j’ai bénéficié de l’insouciance. L’adolescence n’a pas été réellement meilleure, toujours à l’école, toujours la même mère. Et puis ça ne me faisait pas vraiment envie, lorsque je voyais que pour la plupart de mes collègues, la liberté signifiait se bourrer la gueule et emmerder tout le monde avec des fêtes tous les soirs, musique à fond.
Une fois adulte, on m’a pressurée pour que je rentre dans le moule, il fallait à tout prix que je me mette à travailler. Mais je profite quand de mon existence, moi ? On me stresse car je suis en recherche d’emploi, si un jour je trouve un boulot, on va me presser pour que je sois rentable, pour que j’en fasse toujours plus.
En fait, on ne peut profiter de la vie qu’à la retraite, une fois que notre condition physique ne nous permet plus de faire ce que l’on veut, et encore, si on a la chance de ne pas se faire jeter en maison de retraite par le reste de sa famille, et si notre retraite est suffisante pour pouvoir vivre avec un peu plus qu’un paquet de pâtes par mois. N’étant pas une grande optimiste de nature, je pense sincèrement que notre génération n’aura pas de retraite, et qu’on sera bons à se casser le cul toute notre vie.
Le souci, c’est que pour profiter de ma vie avant que le tic tac de la dégénération soit arrivé trop loin, il faudrait que je gagne au loto… et ce n’est pas près d’arriver, car je n’y joue pas, j’ai mieux à faire de mes sous ! Ou alors il faudrait que je trouve un job bien payé.
Et vous, vous en pensez quoi ?


